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Great Place to Work: ces entreprises où les salariés sont les plus heureux en France en 2019

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Des passants dans le quartier de La Défense.

INTERVIEW - Chaque année, le palmarès Best Workplaces de Great Place to Work distingue les entreprises les plus investies dans la qualité de vie au travail. La 17e édition vient d'être publiée ce mercredi. Patrick Dumoulin, le président de Great Place to Work France, revient pour Challenges sur le processus de sélection et dévoile le classement 2019.

Challenges - La méthodologie du palmarès Best Workplaces, publié ce mercredi 3 avril par Great Place to Work, qui repose entre autres sur le fait que les entreprises doivent payer pour participer, est régulièrement critiquée pour son manque d'objectivité et de crédibilité. Que répondez-vous à cela?

Patrick Dumoulin - Cela fait maintenant dix-sept ans que nous publions ce palmarès. A l'époque, nous étions parmi les premiers acteurs à travailler sur la qualité de vie au travail. Cela suscite forcément des convoitises. Le classement repose en effet sur une démarche extrêmement volontaire des entreprises. Je rappelle au passage que la gestion des dossiers et de l'audit est intégralement gérée par nos 39 salariés. Nous ne pouvons pas travailler gratuitement. Raison pour laquelle il est tout à fait légitime de faire payer les entreprises. Le fait de nous rémunérer ne garantit pas par ailleurs d'être distingué. La preuve, sur 304 postulants cette année, seules 97 entreprises sont lauréates, soit 32%.  

Combien doivent payer les entreprises candidates concrètement? 

 Pour les moins de 50 salariés, les tarifs commencent à 3.500 euros hors taxes et pour les plus grosses entreprises il faut compter au minimum 5.900 euros HT.

Comment évaluez-vous les entreprises? 

Elles sont toutes évaluées de la même manière, et ce, à l'échelle internationale. Le palmarès classe les entreprises labellisées par Great Place To Work qui ont obtenu le meilleur score. Pour être labellisées, elles doivent transmettre notre questionnaire de 64 questions, le Trust Index, à leurs salariés auquel ils répondront ensuite de manière confidentielle. Pour être valide, il doit avoir obtenu un taux de participation minimal, qui est par exemple de 40% pour les entreprises de plus de 5.000 employés. Les entreprises doivent par ailleurs dépasser un certain seuil de réponses positives dans le cadre de ce questionnaire [taux de 70% pour les moins de 500 salariés et de 66% pour les plus de 500, NDLR]. 

D'autre part, les entreprises doivent compléter un dossier, le Culture Audit, évalué ensuite par nos équipes, qui pèse pour le tiers de la note globale [les entreprises doivent recueillir une note minimum de 10/20 sur le Culture Audit pour être labellisées, NDLR]. Nous sommes allés plus loin en créant un comité scientifique d'intégrité qui mène des enquêtes sur les postulants pour vérifier qu'ils ont bien respecté notre charte éthique. Pour cette édition, trois entreprises ont ainsi été exclues de la certification. Le dirigeant de l'une d'entre elles avait notamment fait pression sur ses salariés en les incitant à répondre positivement au questionnaire.

Quelles sont les nouveautés du classement cette année et quel bilan tirez-vous de cette édition? 

Pour la première fois, les entreprises de moins de 50 salariés font leur entrée au palmarès. Je constate une extraordinaire dynamique autour des enjeux de qualité de vie au travail, et ce, quels que soient la taille de la société et le secteur. Nous comptons d'ailleurs de plus en plus d'entreprises françaises dans le palmarès, qui représentent désormais les deux tiers des lauréats, avec une percée notoire en région. Cela progresse également du côté de la parité. Aujourd'hui, le tiers des entreprises du palmarès sont dirigées par des femmes. Ce n'est toujours pas assez mais c'est un peu plus que la moyenne nationale, située autour de 10% de femmes cheffes d'entreprise.

Cette année, seuls deux groupes de plus de 5.000 salariés sont distingués. Plusieurs entreprises pourtant présentes depuis des années dans le palmarès, comme Leroy Merlin ou encore Decathlon et McDonald's, ont disparu du classement. Que s'est-il passé?

Les grandes entreprises sont souvent plus difficiles à faire bouger que les petites. Elles ont tendance à venir plus tard que les autres sur ces enjeux de QVT. Parmi celles que vous citez, certaines sont sorties du classement, d'autres ont décidé de faire une pause. Dans cette catégorie des plus de 5.000 salariés, seules deux entreprises - EY et Norauto - sur douze candidates ont d'ailleurs été distinguées. Ce qui démontre encore que si le challenge est excitant, cette mission n'est pas simple à mettre en oeuvre. 

Vous partez du postulat que c'est en misant sur la qualité de vie au travail que les entreprises seront plus performantes. N'est-ce pas parce que ces entreprises distinguées sont performantes que leur climat social est bon? 

 Notre mission repose sur un modèle: comment faire en sorte que le potentiel de chacun soit révélé afin d'impacter la capacité d'innovation de l'entreprise et donc ses performances. Prenez l'exemple d'Arnaud Frey, fondateur d'Extia, entreprise de conseil en ingénierie arrivée 2e dans la catégorie 500-5.000. Quand il a fondé son entreprise en 2007, sa vision était claire: c'est en mettant l'humain au coeur de sa stratégie que la société servira le mieux ses clients. Résultat, en à peine plus de dix ans, l'entreprise s'est développée et compte plus de 1.000 salariés ! On retrouve cette même volonté du côté du chocolatier Valrhona qui, sous l'impulsion de Jean-Luc Grisot et désormais de Clémentine Alzial, a ainsi réussi à récupérer des parts de marché et a créé des emplois, en quelques années seulement. Ce sont les illustrations parfaites de ce cercle vertueux qui démontre que cette démarche ne peut être fructueuse que lorsqu'elle est portée au sommet de l'entreprise. Et pour aller plus loin, nous avons recruté un chercheur chargé d'analyser et de mettre en lumière de plus près les liens entre qualité de vie au travail et performance économique, à travers des publications plus poussées.

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