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Cadres : nos 10 conseils pour doper son niveau de vie

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​Tous les DRH et spécialistes de la rémunération le disent : être proactif sur sa façon d’envisager sa rémunération est toujours une stratégie gagnante. C’est en explorant toutes les dimensions du contrat qui vous lie à votre entreprise que vous pourrez en tirer le meilleur et déclencher les changements qui vous permettront de gagner en revenus ou même en qualité de vie. Une démarche d’autant plus judicieuse que les entreprises envisagent de manière beaucoup plus ouverte les modalités mêmes du travail.

PRENDRE DES RESPONSABILITÉS

Embauchée par la start-up Treatwell comme assistante de direction, Mélanie Le Gall, 28 ans, a profité du développement de l’entreprise pour rédiger un blog et jouer les modératrices sur les réseaux sociaux. Jusqu’à devenir responsable du contenu, avec à la clé une progression salariale de 40 %. « J’ai su saisir les opportunités et prendre plus de responsabilités », met-elle en avant. La mobilité interne reste une des clés de la progression financière. « Plus le salarié est acteur de son évolution, plus son salaire change », acquiesce Annick Challancin, DRH d’Esker. Inutile d’espérer une augmentation individuelle sans changement de poste, prise de risque ou acquisition de nouvelles compétences. « Aujourd’hui, insiste Christel Pradier, responsable du recrutement de Sopra Steria, les augmentations de salaire sont liées à la capacité à se projeter et à prendre du galon, tout en acquérant à chaque mission de nouvelles compétences. » Par exemple, à La Poste, les évolutions de fonction font l’objet d’une augmentation et sont accompagnées de primes. « Certains changements de poste à fort enjeu donnent droit à une prime d’adaptation qui peut atteindre 20 000 euros », illustre Joël Moreau, son directeur de l’emploi. Pour Isabelle Reux-Brown, DRH de la division banque de grande clientèle de Natixis, la rémunération est corrélée aux performances : « Plus le collaborateur génère des richesses, plus elle sera importante ». Reste qu’une augmentation, ça se demande, comme l’explique le consultant Thierry Krief.

FAIRE JOUER LA CONCURRENCE

« Changer d’entreprise reste toujours le seul moyen d’obtenir une augmentation de 15 à 30 %, rappelle Chantal Bérard, chasseuse de têtes au cabinet Boyden. Les recruteurs rémunèrent la prise de risque. Pour inciter les candidats à franchir le pas, ils sont nombreux à leur accorder un welcome bonus sous la forme de primes, mais aussi de suppression de la période d’essai. » Nathalie Ambrosiano, directrice d’une agence régionale d’une entreprise de services numériques confirme : « En intégrant en juillet 2016 ma société actuelle pour un job de commerciale, j’ai fait un premier bond de 25 %. Mais quand, il y a six mois, j’ai obtenu une évolution au sein de l’entreprise, la progression, qui s’accompagne pourtant de plus grandes responsabilités, s’est traduite par une augmentation de 10 %… » Explication : « Ce différentiel, quand il existe, s’explique par les moyens mis en œuvre, au-delà du salaire, pour accompagner un collaborateur dans sa progression. La formation offerte, la construction d’une expérience solide, l’appartenance à un collectif performant ont une grande valeur : elles sous-tendent l’employabilité », décrypte Frédéric Dubois, responsable rémunération et avantages sociaux du Groupe ADP. D’où l’importance de bien négocier à l’entrée en poste, en fonction du secteur d’activité, du métier et de son expérience. « Les start-up qui ont besoin de candidats seniors avec une solide expérience pour se structurer et se développer sont prêtes à en payer le prix », illustre Chantal Bérard.

OPTIMISER ÉPARGNE ET MUTUELLES

S’il est difficile de négocier des éléments génériques à l’entreprise, il est en revanche possible d’optimiser son épargne salariale. Quand les PEE ou les Perco sont rattachés à plusieurs fonds de placement, les salariés peuvent choisir où placer leurs économies, voire y transférer leur intéressement et participation, en fonction de leur rentabilité, leur niveau de risque, la possibilité de sortir ou non en capital… Pour aider les néophytes à faire fructifier leur bas de laine, ADP propose à ses salariés un accompagnement par des conseillers financiers. De son côté, Cadremploi abonde les jours de congés versés sur son PEE. « Nos salariés ont également la possibilité de placer sur leur Perco jusqu’à cinq jours de RTT non pris, plus les jours d’ancienneté, soit un jour supplémentaire tous les cinq ans », souligne Annick Challancin, DRH de l’éditeur de logiciels Esker. Autre élément de rémunération insuffisamment exploré : les complémentaires santé. « Nos partenaires de mutuelles et de prévoyance permettent à nos collaborateurs de bénéficier de prestations différenciées au travers de services personnalisés (programme minceur, arrêt du tabac…), un meilleur remboursement des soins dentaires ou ophtalmologiques ou la téléconsultation à distance », mentionne Belen Moreu, DRH de PepsiCo France.

SE FORMER POUR ÉVOLUER

La formation professionnelle constitue un moyen efficace d’accroître ses compétences, mais surtout d’évoluer dans son job. Et donc d’agir sur sa fiche de paie. Certains n’ont même pas à demander : à Schneider Electric, Romain Flattet, 30 ans, a bénéficié du programme Marco Polo. Etudiant à Kedge BS, il était entré en 2009 comme alternant dans l’entreprise et s’est vu proposer, à la fin de son contrat, un poste de chef de produit marketing en Chine pendant deux ans. « De retour en France, je suis devenu DGA d’Aveltys, une start-up soutenue par Schneider Electric, puis directeur de la région ouest. Ma progression, très rapide, a été accompagnée d’une augmentation de rémunération proportionnelle. » L’entreprise propose aussi un programme « Leadership », en partenariat avec l’Insead. « Les personnes qui le suivent connaissent une évolution professionnelle plus rapide que les autres, avec un accroissement de responsabilités accompagné d’une évolution de rémunération », confirme Christophe Wielgosik, VP talent management France. Mais nul besoin d’être un haut potentiel pour que la formation joue un rôle de booster. A Extia, « les salariés n’ont pas à justifier leur envie d’apprendre, explique la DRH, Emmanuelle Pays. Chaque semaine, une formation continue, dispensée par un expert interne, est ouverte à tous les collaborateurs. »

MISER SUR LES PRIMES

« Négocier une augmentation de gré à gré avec son manager est de plus en plus compliqué, les entreprises fixant des règles strictes pour garantir l’équité, indique Frédéric Bonneton, associé du cabinet MCR et spécialiste des rémunérations. En revanche, les salariés ont intérêt à faire valoir leurs résultats quand ils sont exceptionnels, pour obtenir une prime qui reste encore souvent à la main du manager. » Certaines entreprises ont bien compris la nécessité de valoriser ces performances. PepsiCo récompense ainsi ses salariés ayant participé à la réalisation de projets sélectionnés à l’occasion de compétitions internes. D’une entreprise à l’autre, les primes dépendent des résultats économiques, mais aussi parfois, notamment pour les cadres, de critères plus qualitatifs. C’est le cas à Veolia, qui prend en compte « le développement de comportements visant à améliorer la sécurité au travail, la capacité à échanger des informations et à collaborer avec ses pairs et les membres de son équipe », précise Jean-Marie Lambert, le DRH groupe. L’éditeur de logiciels Esker récompense aussi l’apport du réseau personnel : « Nous proposons une prime de cooptation de 2 000 euros à toute personne qui contribue à un recrutement », indique Annick Challancin, la DRH. A noter, des sites de recrutement numériques, à l’image de Keycoopt, Hunterfrance ou Myjob.company, offrent des primes, comprises entre 500 et 2 000 euros, à ceux qui leur recommandent des candidatures lors de leur embauche.

OBTENIR DES AVANTAGES EN NATURE

Intégrés à la culture d’entreprise, les avantages en nature finissent souvent par devenir transparents, voire invisibles. Si bien qu’ils ne sont jamais valorisés par les salariés. Et pourtant ! Une voiture de fonction utilisable tout le temps, vacances comprises, permet d’économiser de 6 000 à 8 000 euros par an… C’est en tout cas le calcul de l’éditeur de logiciels SAS, qui offre à ses salariés éligibles le choix entre une voiture et une indemnité. « Nos collaborateurs peuvent même pratiquer la conduite accompagnée avec leurs enfants », précise Yannick Charron, son DRH. L’utilisation des téléphones et ordinateurs portables professionnels dans la sphère privée représentent un autre vecteur d’économie, ainsi que les prestations proposées par les comités d’entreprise : chèques vacances, réduction sur la billetterie des spectacles, titres-restaurant, voyages, prime de rentrée, aide aux devoirs pour les enfants, subvention Cesu… La liste est longue de ces avantages qui, mis bout à bout, peuvent constituer des sommes non négligeables. Enfin, les conciergeries d’entreprise améliorent la qualité de vie en faisant gagner du temps. Elles permettent également de dépenser moins, car les tarifs négociés avec les prestataires sont souvent très intéressants.

VIVRE OÙ L’ON VEUT GRÂCE AU TÉLÉTRAVAIL

Depuis 2013, Marie-Jeanne Lambert est responsable du département suivi de l’emploi et mobilité interne au sein du Groupe La Poste. Cette cadre stratégique vit à Angoulême, mais manage une équipe de trois personnes à Paris. « J’ai voulu évoluer en élargissant mes responsabilités, mais il n’y avait aucune possibilité dans ma région, raconte-t-elle. Un poste qui correspondait à mes attentes s’est libéré à Paris. Ma candidature a été retenue, et ma demande de télétravail immédiatement acceptée. Après un temps d’adaptation d’un jour à distance par semaine, je télé-travaille trois jours par semaine depuis deux ans. » Pour certaines entreprises, le télétravail constitue même un argument à l’embauche : « Il nous permet de convaincre des candidats qui habitent dans des villes éloignées, met en avant Lise Ferret, DRH de Cadremploi. Dans l’équation rémunération, vie privée, vie professionnelle, c’est un levier de plus en plus fort. Notamment pour ceux qui souhaitent accéder à la propriété tout en se construisant des conditions de vie meilleures. » Pour Yannick Charron, de SAS, le libre choix du domicile est inaliénable : « Chacun peut habiter où bon lui semble. Nous demandons juste que les collaborateurs remplissent leur mission. » L’entreprise, dont le siège est en région parisienne, accepte même le télétravail total : certains salariés habitent Lyon ou Rodez.

NÉGOCIER DU TEMPS LIBRE POUR DÉVELOPPER UNE ACTIVITÉ PARALLÈLE

Certains esprits ont besoin de conjuguer plusieurs activités pour s’épanouir. Ces « slasheurs », comme on les nomme aujourd’hui, doivent alors trouver des entreprises capables d’accepter leur mode de fonctionnement. C’est le cas d’Extia, où le partage de savoir dans sa communauté d’experts permet de gagner des points, qui se transforment en jours consacrés à des projets de développement personnel. Un collaborateur passionné de fitness a ainsi créé une sensibilisation à destination de ses collègues, avant de monter un petit business comme auto-entrepreneur, tout en restant salarié. Il arrive que d’aucuns se découvrent poly-amoureux du travail et se révèlent dans la multi-activité. « Les entreprises ont tout à y gagner : c’est une façon d’attirer les talents et de les garder », explique Marielle Barbe, auteure du livre Profession slasheur : cumuler les jobs, un métier d’avenir. A Décathlon, les collaborateurs peuvent consacrer 20 à 30 % de leur temps à un projet annexe à leur métier d’origine. « Chacun est encouragé à faire ce qu’il aime, renchérit Ludovic Boutin, responsable RH des free-lancers de Décathlon. On dit à nos coéquipiers : soyez acteur de votre parcours, le premier RH, c’est vous. »

ACCEPTER UNE MISSION DIFFICILE OU À L’ÉTRANGER

Fini, le temps où le tapis rouge était déroulé devant les candidats à l’expatriation ! « Désormais, les entreprises tiennent compte du niveau de rémunération local pour ajuster le salaire, mais peuvent accorder une prime pour compenser les conditions de vie difficiles », met en avant Bruno Rocquemont, directeur du département de gestion des talents de Mercer France. De ce point de vue, on obtiendra plus en choisissant Le Caire que New York… Mais que les cadres qui préfèrent leur confort se rassurent. « L’expatriation est toujours un moyen d’acquérir de nouvelles compétences ou d’exposer à un environnement international un cadre que l’on souhaite ensuite promouvoir », relativise Chantal Bérard, chasseuse de têtes à Boyden. Il en va de même pour les missions difficiles qui ne nécessitent pas pour autant de s’envoler hors des frontières. « Mais attention, le complément de salaire espéré ne sera réellement au rendez-vous qu’en cas de succès. Il n’y a donc aucune garantie ! », pointe Frédéric Bonneton, associé au cabinet MCR.

CRÉER SON ENTREPRISE

Fort de sa fonction de responsable RH à Décathlon trois jours par semaine, Ludovic Boutin a créé en parallèle sa structure de conseil, Ha-K. « En passant à temps partiel, j’ai perdu 40 % de salaire. Mon entreprise ne comble pas encore ce déficit, mais ça viendra. » Il supporte ce sacrifice par la certitude qu’il n’est que temporaire, mais aussi pour l’ouverture extraordinaire que lui procure cette évolution. Créer sa propre activité tout en restant dans son entreprise comporte bien des avantages. Ainsi, le programme Jump Start d’EY permet aux collaborateurs de travailler en temps partiel pendant trois ans : « Ils ont un salaire fixe sur l’année, donc ne sont pas en difficulté financière, et bénéficient d’une aide des collègues experts sur les sujets en rapport avec nos métiers », décrit Audrey Deconclois, la DRH. D’autres grandes entreprises créent des incubateurs internes, à l’image de Saint-Gobain Intrapreneurs, qui accompagne ses salariés ayant un projet de création, tout en conservant leur salaire durant dix-huit mois au maximum. Même démarche à Schneider Electric. « En quinze ans, nous avons aidé 1 300 salariés à créer ou reprendre une entreprise, détaille Gilles Vermot Desroches, directeur du développement durable. Changer d’orientation est une démarche gagnante pour les collaborateurs. » A son compte depuis cinq ans, Christine Larribe, trésorière d’entreprise, enchaîne les missions, soit en direct, soit par le biais de la division management de transition de Robert Half. Un succès pour cette pro à l’expérience pointue sur le déploiement de systèmes dans de grands groupes internationaux. « Les entreprises font appel à nous quand leurs collaborateurs ont trop le nez dans le guidon. Mes revenus sont 30 % supérieurs à ceux d’un salarié. »

Multi-activités : ce que permet la loi


Pour pouvoir cumuler des activités salariées, dans la limite du contrat de travail et de ses éventuelles clauses d’exclusivité, « il faut respecter la durée légale (ou conventionnelle) du travail, soit 10 heures par jour et 48 heures par semaine, ainsi que l’obligation générale de fidélité et de loyauté, explique Lorraine Raimbert-Nusse, avocate associée de Fidal. Les cadres, au forfait jour, ne peuvent pas, eux non plus, travailler plus de 10 heures quotidiennes, et doivent prendre un jour de repos par semaine. En revanche, lorsqu’ils créent une entreprise sans en être salariés, ou sous le statut d’auto-entrepreneur, ils ne sont pas soumis à ce type d’obligation. »

Publié le 21 octobre 2018
Par Laurence Estival et Véronique Pierré
https://www.challenges.fr/entreprise/cadres-nos-10-conseils-pour-doper-son-niveau-de-vie_620451

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