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​Le Medef Île-de-France au secours de l'apprentissage

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C. Granier - Matignon

Manuel Valls, Premier ministre, et François Rebsamen, ministre du Travail, ont dressé dernièrement un point sur les mesures en faveur de l'apprentissage. Ils en ont également détaillé de nouvelles que le Medef Île-de-France, s'il les estime « positives », en attend encore plus de la part des Pouvoirs publics.

Dans une économie française composée à 96 % de très petites entreprises et de petites et de moyennes entreprises, le Medef Île-de-France souhaite « repositionner les entreprises au cœur des décisions en matière d’apprentissage ». Et pour cause, les effectifs d’apprentis sont en diminution croissante depuis plusieurs années, tandis qu’il y a 450 000 postes vacants en France. Autre constat : il y a 10 à 15 % d’échec et d’abandon dans les trois premiers mois de l’apprentissage. Le Medef dresse donc une liste de propositions pour réformer l’apprentissage et le rapprocher des modèles allemands, britanniques et suédois. Dénonçant le fort contrôle des Pouvoirs publics, tant sur le contenu que sur la carte des formations, il accuse ce système d’être la cause de la logique qui se désengage de l’apprentissage.

Le Medef Île-de-France propose trois mesures conjoncturelles à commencer par simplifier la signature des contrats, en réduisant le temps de traitement des démarches administratives. Il veut aussi redonner aux entreprises la possibilité d’investir dans les CFA (Centre de formation d’apprentis) en se détachant de la Région, et sécuriser la signature des contrats en permettant une période d’essai de deux mois en entreprise (au lieu de deux mois à partir de la signature du contrat) et calquer le droit des contrats d’apprentissage sur le droit commun des contrats de travail. Arnaud Frey, fondateur et président d’Extia, dénonce la « jungle réglementaire » et l’épaisseur du code du travail qui "menotte" littéralement les chefs d'entreprise. Que les contrats d’apprentissage sont trop différents des contrats d’emplois.

Le syndicat des patrons propose aussi 5 réformes de structure concernant l’orientation, l’information et le financement de l’apprentissage. Il souhaite rendre obligatoire l’information des jeunes, mieux informer sur la qualité des formations en valorisant l'e-learning, réaliser des offres de formations, renforcer le contenu des diplôme et remettre à plat le système de l’apprentissage. Il réclame encore un contrat d’apprentissage plus souple, plus de sécurisation sur la signature car l’apprentissage est un mariage sans divorce possible sinon devant les prud’hommes. Il demande l’élargissement de la période d’essai et l'application des modèles qui fonctionnent à l’étranger, par exemple 4 mois de période d'essai en Allemagne où le taux d’échec est d’abandon est  plus faible qu’en France. Or, le statut de l’alternant est très ambigu. Jean-Luc Tuffier, vice-président de la fédération française du bâtiment Grand-Paris, en résume le problème de la rupture, qui ne peut par exemple pas se faire sans l’accord de l’alternant. Pareil, il est impossible de former un jeune qui a envie si le temps de formation dépasse les contraintes horaires légales. De la même façon, il n’existait pas de disposition particulière pour les boulangers, ils ne pourraient pas réaliser d’apprentissage puisque le travail de nuit est réglementé. Ainsi, un patron qui veut apprendre à son apprenti à faire le bilan en tire plus d’ennuis que de bénéfices.

En cause, deux visions de l’apprentissage qui s’opposeraient radicalement. Pour le Gouvernement, l’occasion de rattraper les 150 000 jeunes qui sortent chaque année du système scolaire sans diplôme, et une occasion de lutter contre le chômage. Pour le Medef, un ascenseur social qui devrait améliorer l’emploi, première préoccupation des Français et une « mise en situation et mise en relation » avec le monde du travail. Agnès Lo Jacomo, présidente du Medef Île-de-France en donne une « vision d’excellence, de réussite, de temps de prise de conscience des réalités ». L’apprentissage pour s’insérer plus facilement puisque 70 % des gens qui en sortent trouvent un emploi. Mais également pour abaisser la moyenne d’âge et attirer de nouvelles compétences, dans certains métiers qui ne s’apprennent pas qu’à l’école. Luc-Éric Krief, président directeur général de SD2M, insiste quant à lui sur l’image de l’apprentissage et de l’alternance qu’il voudrait voir rénover. Tant sur la sécurité de l’emploi (les jeunes préféreraient alors la fonction publique) que sur les salaires (tandis que la plupart des jeunes qui sortent de l’alternance auraient un salaire mensuel autour de 2000 € net). Jean-Luc Tuffier dénonce aussi la mauvaise image par exemple de l’industrie polluante, alors que le recyclage a fait des progrès spectaculaires. Pour Joseph Nouvellon, chef du projet « Dialoguessonne pour l’apprentissage », il faudrait orienter ceux qui échouent vers des passerelles qui ne les laisseront pas sans rien. Le Medef milite encore pour plus de médiateurs afin de surmonter les échecs. Il suggère encore d’abaisser le seuil obligatoire de prise en apprentissage pour les entreprises de moins de 250 salariés.

Se pose enfin le problème des financements des CFA dont la part régionale se réduit, puisque la taxe d’apprentissage va désormais financer les lycées à hauteur de 26 %. Tandis que la part de taxe d'apprentissage que contrôlaient les patrons a diminué. Les syndicats patronaux reprochent aux régions de ne pas avoir augmenté leurs moyens sur les formations en alternance, alors même que la réforme de la taxe d’apprentissage leur donnait un meilleur contrôle sur les fonds à cette fin. Les régions critiquent, elles, l’insuffisante mobilisation des entreprises, alors que la formation de jeunes en alternance figure sur la liste des contreparties du pacte de responsabilité. Dans cette situation, la coopération renforcée entre ces différents acteurs, tant voulue par le Gouvernement pourra être testée lors de la fête de l’Alternance le 28 mai, que le Medef co-organise et dont il espère cette année encore la visite de plus de 10 000 jeunes.


Olivier VAGNEUX - publié le 18 mai 2015 - Actualité

Retrouvez l'article sur Affiches Parisiennes

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